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Histoire d’une rencontre

Marion La première fois que j’ai rencontré Marion, c’était dans les anciens locaux d’O2, je devais même encore être enceinte. Elle avait avec elle des grillons vivants dans une boite. Je me suis demandée à quoi ils pouvaient bien servir : à nourrir son caméléon.

J’ai tout de suite eu une très bonne impression. Oh pas parce qu’elle donnait des bestioles vivantes à son caméléon (même si j’étais très curieuse de rencontrer le dit caméléon) mais parce que je l’ai trouvée chaleureuse, pleine de bonne humeur, souriante, heureuse de vivre et elle communiquait cette joie de vivre.

La deuxième fois c’était autour d’un verre et d’un hamburger au Buffalo Grill pour mon entretien d’embauche. Autant dire qu’il a été très cool. J’ai découvert que nous avions beaucoup de points communs en dehors de notre amour des “belles choses”, je savais que nous allions bien nous entendre et j’étais ravie de travailler avec elle.

Et puis à partir du 7 janvier, j’ai partagé son bureau tous les jours de la semaine. Nous sommes devenus plus que des colocataires de bureau, nous avions le bureau des filles (on ne mélange pas les filles et les garçons chez o2 !) comme nous disions en rigolant, nous partagions nos travaux, nos musiques, nos pensées, découvrir son allergie aux “padding”, sa mauvaise manie de mettre (comme moi) les doigts sur l’écran…

J’ai pu évoquer avec elle plein de rêves qu’une jeune femme peut avoir… Nous avions parlé de son désir de devenir maman. J’étais persuadé qu’elle allait être une formidable maman étant donné la patience, la tendresse, le brin de folie qu’elle montrait à l’égard d’Arthur ou de Maïna et Ethan, les enfants de Thanh.

Elle préparait ses vacances à Madagascar qu’elle devait rejoindre à la mi-août. J’attendais vraiment avec impatience les photos qu’elle réaliserait lors de son voyage avec l’objectif qu’elle avait acheté pour l’occasion.

Nous partagions aussi notre envie de pratiquer la natation régulièrement. J’ai toujours ma carte de piscine avec 7 entrées valables mais j’ai complètement perdu le goût d’y retourner. 3 sorties en 6 mois, c’est un peu léger, il faut avouer que nos grands élans sportifs se soldaient souvent par un “matsuri ???”.

Marion ici c’est le petit brin de folie, la bonne dose de bonne humeur, les fous rires et aussi une oreille attentive, une jeune femme qui adorait la nature, pétillante et pleine d’humour.

Je n’arrive pas à réaliser, je n’arrive pas à accepter, l’idée même de penser à l’accident me terrorise et je l’efface de mon esprit. Ca me semble complètement inconcevable tellement c’est injuste et imprévisible. Elle est juste partie en week-end à mes yeux et nous devions faire le point sur nos projets lundi, comme d’habitude… J’ai beaucoup de mal à parler d’elle au passé, en utilisant l’imparfait. Je nous vois toujours préparer Paris Web, parcourir ses photos de vacances et travailler ensemble sur nos projets, vivre.

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Et comment avancer ?

Je déteste ce matin, je déteste ce réveil, je déteste la nuit que j’ai passée qui a été hantée par une seule et unique pensée, comme si je venais de faire un mauvais cauchemar, un horrible cauchemar.

Se réveiller avec la boule au ventre et se dire que ça n’arrive qu’aux autres tout ça, que tout va être comme avant. Et réaliser que non, ça ne sera définitivement pas comme avant.

Toujours se poser des questions. Pourquoi elle ? Pourquoi cet accident ? Pourquoi si jeune ? Alors que tant de projets dans la tête.

J’ai perdu une collègue, j’ai perdu un bout de bonne humeur, j’ai perdu une amie, j’ai perdu une confidente. J’ai perdu quelqu’un à qui je tenais vraiment. Et je pense à ses proches qui doivent avoir le coeur en mille morceaux.

Tu vas énormément nous manquer.

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Le capital altruiste pour les nuls

Si vous avez envie de changer le monde (ou au moins essayer).

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